Morne plaine de la Baïse…

Le paysage de la vallée de la Baïse vers Trie sur Baïse réserve peu de surprises : il pleut et c’est monotone. Un sondage au tracto en position de terrasse est à peu près aussi excitant.

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sondage perdu quelque part au milieu

Mais c’est l’occasion de revoir des sols assez communs de cette situation géomorphologique de vallées gasconnes ; celles-ci sont en effet dissymétriques avec une rive droite (exposée Ouest) à versants boisés abrupts, disséqués par un réseau dense de talwegs, et une rive gauche alternant terrasses et glacis de liaison, royaume du maïs, des parcelles drainées et irriguées. C’est en position de terrasse que l’on peut observer les LUVISOLS, ici par exemple un LUVISOL TYPIQUE leptique, rédoxique, issu de limons, sur argile à galets.

 

solum

 

Le solum est de type LE/Eg/Btg/IIMg-Xcg, sous culture de maïs (dont on aperçoit le pied d’un chaume encore en place). L’horizon de surface a souffert : tassement, compacité, tendance massive, porosité réduite, sauf dans le volume soumis à l’action physique et chimique du système racinaire.

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horizons de surface et médian

La couleur est caractéristique, la texture est de type limono-sableuse, la structure est ici polyédrique émoussée à sur-structure cubique (effets des passages répétés d’engins), la porosité est réduite et l’activité biologique restreinte : quelques rares chenaux de vers de terre s’enfoncent dans les horizons sous-jacents, largement prospectés par les racines et recouverts, dès la base de l’horizon Eg atteinte, de revêtements argileux et de matières organiques d’illuviation. Le pH de surface est ici de 6.1, l’horizon est sans doute mésosaturé à subsaturé. De nombreuses pellicules ferromanganiques fines et peu contrastées parsèment la matrice, plutôt au niveau des faces d’agrégats. Eg présente une structure continue à sous-structure polyédrique émoussée fine, sa teinte est plus claire que l’horizon labouré.

On passe assez brutalement à l’horizon Bt qui présente une couleur ocre brune  ; la limite est ici plus ou moins glossique, mais ce n’est pas net. La teneur en argile augmente sensiblement (on passe de 13-15%  en Eg à 20-25% en Bt), la structure s’affirme un peu plus, mais l’horizon reste compact, peu poreux, peu perméable. Les indices d’engorgement s’accentuent, de même que les surfaces d’agrégats revêtues.

 

limite entre Bt et IIMg-Xcg

On atteint finalement brusquement un horizon quasi induré comportant plus de 50% de cailloux et pierres arrondis, moyennement altérés, acides et finalement largement couverts de revêtements argileux et de sesquioxydes. On constate un début de dégradation, avec départ de fer qui provoque de larges bandes blanches.

 

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détail de l’horizon peyrique

L’ensemble forme un plancher très peu perméable, responsable de transferts hydriques latéraux favorisés par la légère pente. Cet horizon peyrique n’est pas une constante dans les sols de terrasse ; en revanche, lorsqu’il existe, il est fréquemment induré par des sesquioxydes pour former ce que les natifs du Sud-ouest nomment grepp, grep, gripp etc… en réalité un horizon petroferrique, seul horizon capable d’empêcher les racines de haricots tarbais de pénétrer plus profondément. C’est dire si on ne l’aime pas par ici.

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